Francophonie canadienne: les gouvernements peuvent faire plus, selon un sondage

Le Droit - Les gouvernements fédéral et provinciaux peuvent soutenir davantage le développement économique des communautés francophones hors Québec, selon un sondage.

Chantallya Louis - IJL-Réseau.Presse - Le Droit

Ce dernier, commandé par le Réseau de développement économique et d’employabilité du Canada (RDÉE), rapporte que 39 % des répondants soutiennent qu’ils aimeraient voir plus d’action de la part de leur gouvernement provincial pour soutenir le développement économique des communautés, ce chiffre passe à 41 % lorsqu’il s’agit du gouvernement fédéral.

Le sondage a été réalisé par la firme Pollara entre le 22 avril et le 28 avril 2024 auprès de 501 répondants francophones vivant en situation minoritaire. La marge d’erreur est de +/- 4,4 points de pourcentage, 19 fois sur 20.

Toutefois, 42 % des répondants croient qu’il est de la responsabilité des gouvernements provinciaux d’assurer le développement économique de ces communautés.

Pénurie de main-d’œuvre

Près de deux tiers des francophones, soit 64 % des répondants, en situation minoritaire, remarquent qu’il y a une pénurie de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs dans leur communauté.

«C’est particulièrement le cas dans le domaine de la santé (56 %) et de l’enseignement (43 %)», explique le rapport.

Les répondants observent aussi un manque d’employés dans plusieurs autres secteurs, comme entre autres, la construction, la restauration, le service de garde, ou encore le tourisme.

«Même si ce n’est pas les employeurs qui nous répondent nécessairement, ça reste que les gens sont capables de nous dire “moi, dans la communauté, je le ressens qu’il y a un manque de personnel dans ces secteurs-là”», dit le président-directeur général de RDÉE, Yan Plante, en entrevue avec Le Droit.

L’accès aux entreprises francophones

«Deux tiers des francophones en situation minoritaire estiment qu’il est important d’avoir accès aux entreprises francophones», indique le document de 44 pages.

Selon le rapport, plus de 80 % des répondants soutiennent que la présence d’entreprises francophones est importante pour la survie de la langue française dans les communautés et 57 % se disent attaché ou encore très attaché aux entreprises francophones et les services en français.

Toutefois, seulement 52 % assurent faire leurs achats dans les commerces ou les entreprises francophones.

Le coût de la vie et l’inflation, première préoccupation des francophones

67 % des répondants se disent préoccupé beaucoup plus par le coût de la vie et l’inflation. En effet, le sondage indique que 41 % des membres de la francophonie canadienne vivent une précarité financière importante.

Ce chiffre est plus élevé chez les personnes âgées de 75 ans et plus avec 67 % et les 55-75 ans avec 56 %.

«C’est plus élevé de ce que je pensais», s’inquiète Yan Plante. «Ça démontre qu’il y a des gens en ce moment qui souffrent et qui sont inquiets. On peut bien leur parler de plein d’autres enjeux [par exemple, la francophonie], mais leur inquiétude principale en ce moment, c’est ça».

Alors que 31 % pensent que leur situation financière peut s’améliorer dans la prochaine année, 35 % pensent que cela peut s’empirer.

L’accès à des services en santé est une préoccupation seconde chez les répondants, avec 39 %.

La protection de la langue française vient, toutefois, en cinquième position avec 20 % des répondants se disant préoccupés.

En effet, plus de la moitié des répondants soutiennent que les francophones en situation minoritaire sont bien protégés, et qu’il y a une amélioration au cours des cinq dernières années.

Toutefois, l’avis des répondants semble être mitigé par rapport à l’avenir des communautés francophones en situation minoritaire avec 37 % qui se disent ni optimiste ni pessimiste face aux cinq prochaines années.

La COVID-19 se fait toujours ressentir

Les conséquences de la COVID-19 se font toujours ressentir chez plus de la moitié des membres des communautés francophones, selon le sondage.

«L’inflation, la santé mentale, le ralentissement de l’économie et les pénuries de main-d’œuvre sont les principaux impacts de la pandémie, peut-on lire dans le rapport de 44 pages. À noter, 30 % estiment que les conséquences de la COVID-19 ont entraîné la fermeture d’entreprises francophones ou bilingues.»

Un résultat qui surprend le PDG de RDÉE. «C’est que 44 % des répondants ont dit qu’ils constatent des enjeux de santé mentale encore aujourd’hui», dit-il.

Un sondage pour alimenter le débat public

Yan Plante assure que le dernier sondage fera partie du débat public.

Dans cette optique, il soutient que RDÉE continuera de plaider de manière constructive auprès des décideurs pour améliorer la situation économique, la santé mentale et l’accès aux entreprises francophones, résoudre les problèmes liés au logement, à l’éducation et aux services de santé en français.

Par ailleurs, Yan Plante veut faciliter l’arrivée et l’intégration des professionnels immigrants pour répondre à la pénurie de main-d’œuvre et améliorer le poids démographique des francophones.

Photos :

Photo_Une_Sondage_RDÉEE_123rf : Le sondage indique que 41 % des membres de la francophonie canadienne vivent une précarité financière importante.

Photo_Yan_Plante_Courtoisie : Yan Plante est président-directeur général de RDÉE Canada. (Yan Plante)

 

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  • Date de création 26 juin, 2024
  • Dernière mise à jour 26 juin, 2024
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