Une infirmière du Nord-Ouest veille au bien-être des Premières Nations de tout le pays
Depuis de nombreuses années, Isabelle Wallace est déterminée à améliorer le sort des communautés autochtones. Il n’est donc pas surprenant qu’elle se soit retrouvée à Services aux Autochtones Canada en tant que coordinatrice nationale de l’Équipe d’intervention rapide en santé publique.
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Bobby Therrien
IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle
Le parcours déjà bien rempli de la membre de la Première Nation malécite du Madawaska est ce qui l’a mené vers ce poste sur la scène nationale. Autant lors de son parcours académique que professionnel, elle a été témoin des défis auxquels sont confrontés les Premières Nations, notamment en ce qui concerne le secteur de la santé.
La jeune femme de 31 ans a entrepris son expérience en soins infirmiers communautaires auprès des communautés autochtones isolées lors de ses années d’études au baccalauréat en sciences infirmières à l’Université de Moncton.
Elle raconte que durant son dernier stage, elle a travaillé aux côtés des infirmières du gouvernement du Canada dans une communauté des Premières Nations située au nord du Manitoba.
Cette expérience l’a convaincu d’orienter ses études et sa carrière professionnelle vers la santé des Premières Nations et des Inuit.
Quelques années plus tard, pendant ses études de maîtrise en sciences infirmières à l’Université d’Ottawa, en 2016, elle dit avoir été exposée au travail des infirmières participant à l’élaboration de politiques en matière de santé visant à soutenir davantage les communautés des Premières Nations et des Inuit.
«Cette expérience enrichissante m’a permis de prendre conscience de l’importance des expériences personnelles et professionnelles dans l’influence des changements systémiques», mentionne-t-elle.
Après sa maîtrise, elle entreprend un séjour dans le nord du Québec auprès des Inuit. Prévu initialement pour deux semaines, son séjour s’est prolongé pendant trois mois en raison de la crise sanitaire associée à la pandémie de COVID-19.
«J’ai dû acquérir de nouvelles compétences sur le terrain, mais j’ai bénéficié de l’enseignement de collègues remarquables qui m’ont initié au rôle élargi des soins de santé primaires en milieu nordique. Cette expérience m’a ouvert les yeux sur la réalité et a profondément changé ma perspective.»
C’est dans ce contexte difficile qu’elle dit avoir réalisé l’importance de la technologie et des outils de dépistage hors laboratoire pour les communautés autochtones, confrontées à des disparités flagrantes en matière d’accessibilité aux soins de santé primaires.
C’est aussi au cours de cette période qu’elle a développé une passion pour la santé publique.
Elle a ensuite rejoint les rangs du gouvernement du Canada pour travailler auprès des Premières Nations dans le nord de l’Ontario, toujours en pleine pandémie.
C’est à ce moment qu’elle raconte avoir été confrontée à une autre réalité chez certaines Premières Nations, en travaillant dans une communauté sans accès à l’eau potable, et ce, pendant la saison des feux de forêt.
«Nous avons dû faire face à des pannes de courant récurrentes, ainsi qu’à des interruptions de la connexion internet et du téléphone mobile. J’ai été témoin d’une résilience et d’une force incroyables chez les résidents de cette communauté.»
Après cette série d’expériences un peu partout au Canada, Isabelle Wallace décide de revenir dans sa région natale, au sein de la Première Nation malécite de Madawaska (PNMM), en acceptant le rôle d’infirmière communautaire. Il s’agissait de la première fois qu’une femme autochtone occupait ce poste dans la PNMM.
En collaboration avec les autorités sanitaires et Médavie, elle a organisé plusieurs cliniques de vaccination et de dépistage, ce qui fait en sorte que la PNMM a été la première communauté autochtone au Nouveau-Brunswick, ainsi que le premier milieu extrahospitalier, à mettre en place des outils de dépistage à la fine pointe de la technologie pour détecter non seulement la COVID-19, mais aussi certaines maladies infectieuses transmissibles sexuellement et par le sang.
Après deux années de service auprès de sa communauté, Mme Wallace était toutefois prête à contribuer au bien-être des communautés autochtones à un niveau plus systémique. En décembre 2023, elle a été nommée coordinatrice nationale de l’Équipe d’intervention rapide en santé publique.
Selon Isabelle Wallace, ses objectifs sont de garantir la santé et le bien-être des Premières Nations et des Inuit en fournissant des solutions rapides et efficaces aux urgences en matière de santé publique, en renforçant la capacité des équipes de santé locales, et en faisant la promotion des pratiques collaboratives et adaptées et sûres sur le plan culturel.
L’une des missions de son équipe est de protéger la santé et le bien-être de ces communautés en travaillant de manière collaborative et en répondant rapidement aux urgences en santé publique de manière culturellement sécuritaire.
«En tant que spécialistes en santé publique, nous mobilisons des infirmières et des épidémiologistes pour promouvoir et évaluer la santé de la population, prévenir les maladies, mener une surveillance en santé publique et répondre aux éclosions en santé publique. En outre, nous nous efforçons de contenir la propagation des maladies transmissibles tout en renforçant les capacités de ces communautés. Enfin, nous accordons une importance particulière à la promotion de la santé et à la prévention des maladies afin de contribuer à l’amélioration globale des résultats de santé.»
Ses fonctions se déploient sur plusieurs volets, soit: la gestion des relations, ce qui se veut l’établissement et l’entretien des relations stratégiques avec les provinces, les territoires, les organisations autochtones et les autorités sanitaires ; la coordination du soutien d’urgence ; le partage de conseils en matière de pratique professionnelle et de prestation de soutien en santé publique au sein des communautés autochtones ; de l’élaboration des politiques nécessaires pour chaque mobilisation pour que les activités de l’organisation soient efficaces et efficientes ; et la représentation du groupe dans divers comités et réunions pertinents à la pratique professionnelle, pour assurer que ses perspectives et son expertise soient intégrées dans les discussions de santé publique élargies.
Selon Isabelle Wallace, l’un des défis les plus importants est la pénurie criante d’infirmières dans les communautés autochtones, ce qui fait en sorte que celles-ci sont souvent confrontées à un système de santé sous pression tout en travaillant dans des milieux parfois exigeants.
«Dans ces communautés isolées, les services de soins primaires, tout comme le reste du système de santé à travers le Canada, sont soumis à une pression considérable.»
«De plus, le recrutement de ces infirmières spécialisées est parfois difficile, car les compétences et l’expérience en santé publique, plus particulièrement en ce qui concerne la tuberculose, ne sont pas toujours valorisées de la même manière que d’autres spécialisations en sciences infirmières au sein des programmes de formation.»
Finalement, l’un des grands défis pour une équipe nationale réside dans la certification des infirmières dans plusieurs compétences.
«En l’absence d’un permis de pratique national, leur certification dans différentes provinces est un processus laborieux, coûteux et rigide qui entrave significativement la fourniture efficace des soins de santé aux Premières Nations et aux Inuit.»
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Photo : Isabelle Wallace. - Acadie Nouvelle: Bobby Therrien
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- Date de création 26 juin, 2024
- Dernière mise à jour 26 juin, 2024