Le drapeau franco-ontarien ne flottera pas en permanence à Greenstone

L’emblème franco-ontarien portant la fleur de lys blanche et le trillium vert ne sera plus hissé en permanence devant l’hôtel de ville de Greenstone. Les élus municipaux ont voté lundi soir, le jour de la Saint-Jean-Baptiste, pour maintenir cette décision prise en février dernier.

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Émilie Gougeon-Pelletier

IJL – Réseau.Presse – Le Droit

Au haut des trois mâts installés devant l’hôtel de ville de Greenstone, les drapeaux du Canada, de l’Ontario et de la municipalité continueront d’ondoyer, mais pas celui des Franco-Ontariens, qui s’y retrouvait pourtant depuis 2015.

Les élus municipaux de cette communauté au nord de l’Ontario, située à mi-chemin entre Hearst et Thunder Bay, avaient adopté une nouvelle politique à propos de l’affichage des drapeaux, en février dernier.

La mesure était soi-disant inscrite dans une démarche de «réconciliation», puisque l’administration affirmait vouloir faire flotter le drapeau de la cause autochtone «Every Child Matters» («Chaque enfant compte»).

Trop cher d’ajouter de nouveaux mâts, avait toutefois estimé la ville.

La mobilisation de la communauté francophone avait mené le conseil municipal à exiger un rapport pour présenter « des options de reconnaissance des francophones et communautés autochtones ».

Quatre options ont été proposées dans le rapport déposé la semaine dernière, y compris le statu quo, l’installation de deux mâts au coût d’environ 31 000 $, ou encore accepter l’offre de la communauté franco-ontarienne qui voulait subventionner deux mâts communautaires.

C’est finalement le statu quo qui a été sélectionné par le conseil, lundi soir.

Ainsi, les «groupes communautaires» qui veulent faire voler leur drapeau devront en faire la demande, et leur emblème flottera pendant un maximum de cinq jours par année.

Pas de consultations

Lundi, le maire a indiqué que les communautés autochtones et de Premières Nations n’avaient pas été consultées durant ce processus.

Le maire James McPherson et le directeur administratif de la municipalité, Mark Wright, ont tous les deux sous-entendu que les communautés autochtones ne sont pas en mesure de se mobiliser de la même manière que les Franco-Ontariens.

«Les drapeaux sont extrêmement importants pour tout le monde. Mais en même temps, on ne peut pas s’attendre à ce que tout le monde vienne nous voir pour nous dire que c’est important pour eux, et qu’il faut régler ce problème. Certaines communautés sont confrontées à des problèmes fondamentaux tels que le logement, les dépendances et la criminalité», a martelé Mark Wright.

Le conseiller municipal francophone Allan Ouellet a critiqué vivement cette exclusion, parlant de «discrimination» envers la communauté franco-ontarienne.

«Ceci deviendra une tache sur l’histoire de Greenstone aux niveaux provincial et national, ça se situe à la limite de la discrimination, car c’était une chose pour laquelle on s’est battu, on a fait pression, qui a été accepté, et qui a été ensuite retiré sans aucune consultation, aucune explication, juste retiré», a-t-il insisté.

Pour compenser sa décision de retirer aux Franco-Ontariens la permanence de son drapeau, le conseil municipal de Greenstone s’est engagé à modifier la politique de subventions municipales et d’allocation des ressources pour inclure un soutien financier pour des festivals franco-ontariens annuels, et à ajouter de la signalisation «en plusieurs langues» dans la conception de nouveaux terrains de jeux et d’arénas, entre autres.

«Francophobie»

«La francophobie a marqué les récents débats à Greenstone, endommageant gravement la réputation de la ville», estime le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Fabien Hébert.

«Par sa décision, le conseil municipal envoie un message fort aux francophones de la région et de la province en leur disant que leur symbole n’est pas reconnu  et compris, selon M. Hébert. C’est un message qui doit également surprendre l’Assemblée législative de l’Ontario, qui a adopté le drapeau franco-ontarien comme symbole officiel de la province il y a quatre ans.»

Selon le recensement de 2021, Greenstone compte près de 900 résidents qui ont le français comme première langue officielle parlée, soit environ 21%.

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  • Date de création 25 juin, 2024
  • Dernière mise à jour 25 juin, 2024
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