Le portrait de Mauril Bélanger au cimetière Beechwood

Le Droit - Sur un fond militaire, l’homme sur le tableau a le regard attentif et patient, un drapeau canadien flotte à ses côtés, et quelques extraits des paroles de l’hymne national du Canada, en français et en anglais, tracent le drapeau. C’est comme ça, le peintre Bernard Poulin a voulu représenter le défunt, homme politique, Mauril Bélanger.
Chantallya Louis - IJL - Réseau.Presse - Le Droit 
«C’est un homme que j’avais toujours admiré, il était toujours à l’écoute des gens», raconte Bernard Poulin qui a fait don de son œuvre au cimetière Beechwood.
«C’est tellement lui, c’est comme s’il est en train de nous écouter, ajoute pour sa part, la députée fédérale d’Ottawa-Vanier Mona Fortier présente au dévoilement, mercredi. Mauril c’est une personne qui écoutait beaucoup, je vois le portrait et ça vient me chercher, c’est comme si j’étais avec lui».
Pour Catherine Bélanger, épouse du défunt, le peintre a réussi à réincarner les yeux. «Je suis capable de reconnaître mon mari», dit-elle avec un sourire léger.
«Il a réussi avec les yeux [et] son sourire, qui était toujours là, c’est certainement lui dans ce sens. […] C’est presque réel, c’est une belle reconnaissance de lui».
Mauril Bélanger est décédé en août 2016 à l’âge de 61 ans de la sclérose latérale amyotrophique (SLA). Toutefois, Bernard Poulin «voulait qu’on se souvienne de lui tel qu’il était, dans sa force», mentionne-t-il.
Il a commencé la peinture lorsqu’il a appris le diagnostic de Mauril Bélanger et qu’il a vu les ravages que cette maladie pouvait causer. «Je ne voulais pas qu’on se souvienne de lui [en se disant] “oh, pauvre gars”», ajoute-t-il.
«C’était [avant tout] un gars du peuple, c’était un homme qui était là pour tout le monde et toujours à l’écoute. Et c’est pour ça que je voulais avoir un look où il t’écoute, il te regarde», soutient Bernard Poulin.
Mauril Bélanger, de retour à la maison
Mauril Bélanger était, pendant 21 ans, le député de la circonscription de Ottawa-Vanier, jusqu’à son décès en août 2016.
En plus de représenter sa circonscription avec fierté, il a participé à la reconnaissance du cimetière Beechwood comme le cimetière national du Canada.
C’est donc grâce à son travail qu’en 2009, le projet de loi C-17 recevait la sanction royale qui stipule que le cimetière Beechwood est un lieu d’hommage national ainsi qu’un lieu historique national du Canada.
Pour Bernard Poulin, il ne fait aucun doute, le portrait devait se retrouver à cet endroit-là. «Il est revenu chez lui, c’est tout», lance-t-il en entrevue avec le Droit.
Un héritage fort et important
Quelques dizaines de personnes étaient présentes, mercredi, pour découvrir la toile de Bernard Poulin et rendre un dernier hommage à Mauril Bélanger.
Parmi eux, la députée d’Ottawa-Vanier et successeure de Mauril Bélanger, Mona Fortier, le président de la Chambre des communes, Greg Fergus et l’ancienne sénatrice Marie-Paule Charette-Poulin.
Tous les trois ont présenté des discours similaires pour reconnaître le travail acharné de Mauril Bélanger pour, entre autres, la défense des différentes communautés, linguistiques et ethniques, de la parité, et de l’hôpital Montfort.
D’ailleurs, c’est grâce à son projet de loi que l’ô Canada est devenu plus inclusif dans la version anglaise, officiellement en 2018. Les paroles «True patriot love in all thy sons command» sont, depuis «True patriot love in all of us command».
«[Mauril Bélanger] a servi, pendant 21 ans, la circonscription d’Ottawa-Vanier, puis il était toujours à l’écoute des gens qui venaient de partout, témoigne Mona Fortier. Donc, c’est vraiment un honneur d’être ici ce soir».
Pour Greg Fergus, c’était aussi sa droiture qui distinguait Mauril Bélanger, ainsi que son dévouement pour toutes les communautés, et aussi sa communauté franco-ontarienne.
«Il valorisait l’importance des différentes communautés et surtout des communautés noires francophones du monde», avance Greg Fergus.
«C’était un homme remarquable […], un homme qui était vraiment généreux et de plein de talents», raconte Greg Fergus en se remémorant des souvenirs de son amitié avec Mauril Bélanger.
Pour sa part, Marie-Paule Charette-Poulin, aussi conjointe du peintre Bernard Poulin, révèle qu’ils ont voulu donner cette peinture en l’honneur du défunt député, car, selon elle, il faut «célébrer les Franco-Ontariens et les Franco-Ontariennes qui ont accompli des choses qui durent encore aujourd’hui».
«Mauril a contribué à la fierté de notre culture franco-ontarienne de mille et une façons. On connaît un tiers de son histoire; il a fait tellement de choses de façon modeste et moins publique», confie-t-elle en entrevue.
Catherine Bélanger était pour sa part émue de découvrir autant d’attention portée à son défunt mari.
«C’est une satisfaction [de savoir] que les gens reconnaissent ce que Mauril a fait, l’impact de Mauril sur la communauté», confie-t-elle, ajoutant que son conjoint était un passionné de l’art.
«C’est difficile, admet Catherine Bélanger, pensive. Je suis heureuse, un peu triste toujours, parce qu’il me manque chaque jour».
Le portrait de Mauril Bélanger est suspendu à l’entrée de l’édifice du cimetière Beechwood, prêt à vous écouter.
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Photos :
Photo Une_Mauril Bélanger_Cr. Etienne Ranger_Le Droit : Portrait de Mauril Bélanger par Bernard Poulin. Photo : Etienne Ranger Le Droit
Photo_Mauril Bélanger_Etienne Ranger_Le Droit : Mauril Bélanger est entre autres à l'origine de l’ô Canada plus inclusif. Photo Etienne Ranger Le Droit
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  • Date de création 17 juin, 2024
  • Dernière mise à jour 17 juin, 2024
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