Les éducateurs ontariens dénoncent la violence dans les écoles secondaires

Les enseignants des écoles secondaires de l’Ontario disent avoir atteint un point de rupture concernant la hausse remarquée de la violence à l’école au cours des dernières années.

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Émilie Gougeon-Pelletier

IJL – Réseau.Presse – Le Droit

Quand Carlin Palmby se rend au travail, elle attache ses cheveux.

Elle retire tous ses bijoux, y compris sa bague de mariage, et elle enfile des vêtements de protection.

Elle se promène avec un walkie-talkie qui annonce souvent des incidents de violence, et elle revient parfois à la maison «le corps marqué d’ecchymoses, de morsures et arborant un œil au beurre noir».

Non, Carlin Palmby n’est pas gardienne de prison. Elle est travailleuse en éducation.

«C’est très difficile d’aller au travail, comme ça, chaque jour», déplore-t-elle.

Assistante d’enseignement depuis 12 ans dans la région de Stratford, Carlin Palmby était à l’Assemblée législative de l’Ontario cette semaine pour raconter son expérience et demander au gouvernement Ford d’en faire plus pour soutenir le milieu scolaire.

Elle affirme qu’elle ne peut plus compter le nombre de fois qu’une chaise lui a été lancée ou qu’on lui a tiré et arraché les cheveux.

Et elle n’est pas la seule à témoigner de ce fléau.

Incidents de violence

La Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (FEESO) a révélé jeudi les résultats d’un sondage mené auprès de 6500 de ses membres à l’été 2023.

Les trois quarts des membres affirment que «le nombre d’incidents de violence a augmenté» depuis leur entrée en fonction dans le système scolaire public de l’Ontario.

Deux répondants sur cinq (43 %) ont indiqué avoir été témoins d’une tentative de force contre un autre membre du personnel.

Et 31 % ont signalé avoir été personnellement victimes de force physique exercée contre eux.

Carlin Palmby assure qu’elle a toujours été fière du travail qu’elle accomplit auprès des élèves.

Mais «cette fierté diminue chaque fois que Doug Ford et le Parti progressiste-conservateur laissent délibérément nos enfants sous-financés et notre personnel de soutien sous-estimé», dit-elle.

«Je ne sais pas comment vous pouvez écouter ça sans pleurer», a lancé, en larmes, la présidente de la FEESO Karen Littlewood en entendant le récit de Carlin Palmby.

La FEESO a révélé jeudi un sondage sur la violence dans les écoles. À gauche, la chercheuse principale chez Strategic Communications, Inc., Dawn Hoffman, au centre, la présidente de la FEESO, Karen Littlewood, et à droite, la travailleuse en éducation Carlin Palmby. (Émilie Gougeon-Pelletier/Le Droit)

«J’aimerais pouvoir dire que c’est la seule histoire de ce genre dans la province, mais je suis enseignante depuis 1991 et ces histoires sont courantes et de plus en plus répandues dans notre système», juge-t-elle.

Demandes

La FEESO a fait plusieurs demandes auprès de la province pour assurer que les écoles soient un milieu sécuritaire pour les enfants et le personnel.

Ces demandes comprennent entre autres un financement d’urgence de 1,39 milliard de dollars pour l’embauche de personnel et une dérogation dédiée sur les frais de scolarité pour attirer des étudiants vers les programmes en éducation.

La montée de la violence dans les écoles est un phénomène qui a un énorme impact sur le recrutement du personnel scolaire, insiste Karen Littlewood.

Appelé à réagir quelques heures avant d’apprendre qu’il allait devenir ministre de l’Énergie, le ministre de l’Éducation Stephen Lecce a indiqué être «très reconnaissant pour le travail du personnel scolaire, et en particulier, celui des assistants d’enseignement».

«C’est un travail difficile dans le meilleur des cas», a-t-il noté.

Stephen Lecce mentionne que c’est pour cette raison que son gouvernement a haussé le financement pour embaucher 3500 assistants d’enseignement, et qu’il investit plus de 115 millions de dollars en santé mentale.

«Je vais assurer que l’on continue d’augmenter le financement et la formation pour garantir la sécurité du personnel et des enfants», a-t-il promis.

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  • La FEESO a révélé jeudi un sondage sur la violence dans les écoles. À gauche, la chercheuse principale chez Strategic Communications, Inc., Dawn Hoffman, au centre, la présidente de la FEESO, Karen Littlewood, et à droite, la travailleuse en éducation Carlin Palmby. (Émilie Gougeon-Pelletier/Le Droit)
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  • Date de création 10 juin, 2024
  • Dernière mise à jour 10 juin, 2024
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