Vital Signs prend le pouls de la crise économique

Le coût de la vie est au centre de l’édition 2024 du rapport Vital Signs, publié le 23 mai dernier par Community Foundation of NL et le Harris Centre de l’Université Memorial. Quel est le diagnostic, docteur?

Cody Broderick
IJL - Réseau.Presse - Le Gaboteur - ATL

S'il n'y avait que 100 personnes vivant à Terre-Neuve-et-Labrador, 42 d'entre elles vivraient dans le nord-est de la péninsule d'Avalon et 40 dans des régions rurales de la province. Un cinquième du total, soit 20 personnes, connaît des difficultés de logement. 26 personnes, soit un peu plus d'un quart, ont du mal à se payer de la nourriture. Si l'on tient compte des autres besoins, comme les vêtements, le logement et le transport, ce chiffre s'élève à 31.

Ce ne sont là que quelques-unes des statistiques présentées dans la dixième édition du rapport Vital Signs [signes vitaux], qui plonge dans les données liées à la démographie, la sécurité alimentaire, le logement, et le coût de la vie.

Le pouls d’abordabilité

L'indice total des prix à la consommation a augmenté de 15% entre 2019 et 2023, avec une hausse d'un peu plus d'un quart des prix de l'énergie et du logement. Or, le revenu moyen a fluctué, les dernières données montrant une légère baisse en 2022, à 63 100$ contre 66 300$ l'année précédente.

Cet écart a non seulement un impact sur les portefeuilles, mais aussi sur les réfrigérateurs. Entre 2021 et 2022, le coût moyen d'un panier alimentaire hebdomadaire a augmenté de 12% dans la province, et encore plus dans certaines régions rurales.

Sur la côte nord du Labrador par exemple, le coût moyen a augmenté de 19%. Depuis lors, la hausse ne cesse pas. Cette année, si vous voulez acheter les ingrédients pour cuisiner du ragoût de bœuf et un gâteau à la vanille, vous allez payer 41% de plus qu'il y a cinq ans. Il n'est donc pas surprenant que la fréquentation des banques alimentaires ait augmenté de 44% entre 2019 et 2023.

Les chercheurs et collaborateurs du rapport offrent plusieurs solutions possibles en illustrant des pratiques exemplaires de l'autosuffisance. À Happy Valley-Goose Bay, note-t-on, le centre de recherche et ferme Pye Centre soutient les producteurs du Labrador en leur offrant des pratiques innovatrices et en collaborant avec la communauté pour maintenir une autosuffisance alimentaire. À Black Tickle, une entreprise sociale offre aux résidents une station d'essence et dépanneur pour assurer la durabilité et abordabilité dans la région.

L’inclusion au travail

Dans un contexte de vieillissement et d'évolution de la population, le rapport relève divers facteurs qui pourraient contribuer à la rétention de plus en plus de personnes, et donc de plus en plus de travailleurs. La principale solution qui en découle est l'inclusion. 25% des immigrants éprouvent un sentiment de solitude à Terre-Neuve-et-Labrador, alors qu'ils ne sont que 13% dans ce cas dans l'ensemble du Canada. Le rapport rappelle également que «les personnes les plus marginalisées sont les plus susceptibles d'avoir le moins de ressources financières en raison de la discrimination.»

Alors que les hommes tendent à dominer les secteurs tels que les métiers, les ressources naturelles et les sciences appliquées, 80% de la main-d'œuvre dans les secteurs de la santé et de l'éducation sont des femmes. Si l'on tient compte de la garde des enfants au sein de la famille, par exemple, «la majorité du travail de soins rémunéré et non rémunéré est toujours effectuée par les femmes», note le rapport.

Outre les ressources offertes par des organisations telles que le Centre Amal et la recherche sur l'inclusion des personnes LGBTQ+ dans la main-d'œuvre menée par le Sulaimon Giwa de l'Université Memorial, le rapport mentionne que le sommet sur le travail urbain des Youthful Cities 2023-24 a vu proposer diverses solutions pour retenir la main-d'œuvre de la province. Ces propositions incluent la mise en place d'un programme d’école-travail subventionné, le soutien aux syndicats et le renforcement de la collaboration entre les établissements d'enseignement postsecondaire et les employeurs, entre autres idées.

La crise de logement

En février 2024, 368 personnes dans la province avaient été reconnues comme vivant en situation de sans-abrisme, dont 249 en situation de sans-abrisme chronique. Dans la capitale, les Autochtones sont deux fois plus susceptibles de se retrouver en situation de sans-abrisme. La liste d'attente pour les logements sociaux de la Newfoundland and Labrador Housing Corporation ne cesse d'augmenter. Entre 2021 et 2023, elle a augmenté de près de 1000 personnes.

Le prix de référence de l'indice des prix du logement a augmenté de 29% à Terre-Neuve-et-Labrador et de 24% à St. John's, au cours des cinq dernières années. Le rapport note également que l'abordabilité constitue le principal facteur d'insécurité du logement dans la plupart des régions de la province, la capitale faisant face au pourcentage le plus élevé, soit près d'un cinquième de la population, qui paie plus de 30% de son revenu.

Le sans-abrisme n'est pas un problème propre à St. John's, rappelle-t-on dans le rapport: «Depuis des années, Choices for Youth note que près de 30% des personnes qui ont recours à ses services de soutien à St. John's le font en raison du manque de services dans leur communauté d'origine.»

Au Nunatsiavut, par exemple, l'adéquation du logement est un problème critique. De nombreuses maisons, dont beaucoup ne sont déjà pas adaptées au nombre de personnes qui y vivent, ont besoin de réparations.

Pour découvrir la totalité du rapport Vital Signes 2024, rendez-vous ici: www.mun.ca/harriscentre

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Photo: Unsplash

  • Nombre de fichiers 2
  • Date de création 4 juin, 2024
  • Dernière mise à jour 3 juin, 2024
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