Prévenir les agressions à caractère sexuel

Charlie-Rose Pelletier (au centre, les bras croisés), agente de mobilisation pour Les Essentielles, organise plusieurs événements au sein de l’organisme. Le 9 mai dernier, elle a organisé une marche pro-choix, manifestation en faveur du droit à l’avortement, en réaction à un événement pro-vie qui s’est déroulé au même moment. — Photo : Maryne Dumaine
Charlie-Rose Pelletier (au centre, les bras croisés), agente de mobilisation pour Les Essentielles, organise plusieurs événements au sein de l’organisme. Le 9 mai dernier, elle a organisé une marche pro-choix, manifestation en faveur du droit à l’avortement, en réaction à un événement pro-vie qui s’est déroulé au même moment.
PHOTO : MARYNE DUMAINE
Le mois de mai est déclaré le Mois de la prévention des agressions sexualisées partout au Canada. Au Yukon, les organismes Les Essentielles et le Centre des femmes Victoria Faulkner s’unissent pour promouvoir les relations saines au sein de la population, en particulier chez les jeunes.

Pour Charlie-Rose Pelletier, agente de mobilisation pour Les Essentielles, il est important de mettre l’accent sur la prévention des violences sexualisées auprès des jeunes.

PHOTO : ARCHIVES A.B.

Au Canada, un·e adolescent·e sur dix a été embrassé·e, attouché·e où forcé·e à avoir des contacts sexuels contre son gré par une fréquentation, d’après le site End Violence Yukon.

« On entend par violences sexualisées ou à caractère sexuel l’ensemble des violences qui se passent à l’intérieur de relations entre partenaires intimes », explique Charlie-Rose Pelletier, agente de mobilisation pour Les Essentielles. Il s’agit également de violences au sein de la famille. « On vise plusieurs violences, comme les attouchements, la pénétration. Ça peut venir avec la coercition, c’est-à-dire, chercher le consentement de quelqu’un en faisant de la manipulation », ajoute-t-elle.

« On mise vraiment sur les jeunes pour cette campagne, car ils et elles sont sous-représenté·e·s dans les taux de personnes qui dénoncent avoir vécu des agressions sexualisées », précise Charlie-Rose Pelletier. En effet, 43 % de toutes les violences dans les relations amoureuses touchent des victimes âgées de 15 à 24 ans.

Ce mois de prévention est alors l’occasion de mener plusieurs actions auprès des jeunes.

Prévenir au lieu de guérir

Trois grandes actions sont menées ce mois-ci par les Essentielles et le Centre des femmes Victoria Faulkner. Des ateliers vont être donnés dans certaines écoles secondaires de Whitehorse. « Les ateliers portent sur comment accompagner une personne qui vit des violences, avec de bonnes pratiques », précise l’agente de mobilisation.

Une campagne en ligne va également être menée sur les réseaux sociaux afin de promouvoir les relations saines. Des dîners vont aussi être organisés dans certaines écoles secondaires de la capitale yukonnaise afin de donner une occasion aux jeunes de rencontrer les organisations communautaires qui offrent des services pour les jeunes.

Les deux organismes ont aussi envoyé du matériel et des affiches de la campagne dans des communautés à l’extérieur de Whitehorse.

Le thème de la campagne cette année est Parler pour prévenir. « On veut libérer la parole des personnes qui vivent actuellement ou qui ont déjà vécu des agressions sexualisées, mais aussi parler pour prévenir dans le sens de la prévention. En parlant de relations saines, de relations égalitaires, de consentement, etc., on prévient ces agressions », explique Charlie-Rose Pelletier.

« Notre objectif est d’apprendre aux jeunes à savoir ce qu’est le consentement, à fixer des limites, mais aussi savoir les respecter parce que souvent, on blâme les victimes, car elles n’ont pas assez mis leurs limites ou les limites n’étaient pas assez claires, mais ce dont on se rend compte, c’est qu’on n’apprend pas aux gens à respecter les limites des autres », continue-t-elle.

Pour Charlie-Rose Pelletier, il est important de miser sur la prévention. « Je pense qu’on est dans un système qui est curatif, qui blâme beaucoup les victimes. L’idée est de changer un peu la perspective par rapport à ça et se dire qu’on veut libérer la parole aux personnes à qui s’est arrivé ou qui vivent de la violence entre partenaires intimes ou à la maison. »

Prévention à longueur d’année

La sensibilisation aux violences sexuelles se fait tout au long de l’année. À l’automne dernier, Charlie-Rose Pelletier s’est rendue plusieurs fois à l’école CSSC Mercier pour organiser des groupes de discussion. En a découlé une campagne de sensibilisation au sein de l’école.

« J’ai fait un projet avec le groupe AGS [le club d’Alliance de genre et de sexualité], le groupe d’inclusion du CSSC Mercier l’automne dernier. On a fait une mini-campagne où les jeunes créaient du matériel promotionnel sur les relations égalitaires, sur comment accompagner une personne qui vit avec des violences, les bonnes pratiques. Ensuite, ils et elles allaient diffuser le matériel dans leur école. Mon objectif était de les initier au contenu d’avoir de bonnes pratiques pour accompagner, c’est quoi les relations égalitaires, c’est quoi le consentement, mais aussi de les initier au militantisme ». Ce matériel va circuler également dans d’autres écoles secondaires.

Charlie-Rose Pelletier a d’ailleurs gagné le Prix de l’éducatrice, en avril dernier, lors du Sommet des jeunes du Yukon (Yukon Youth Summit) qui vise à reconnaître son projet de mobilisation auprès des jeunes du CSSC Mercier.

En septembre prochain, en collaboration avec Les Essentielles, le Centre des femmes Victoria Faulkner lancera un programme bilingue appelé Next Gen Men dans lequel plusieurs mentors vont offrir des formations, des ateliers auprès de jeunes garçons adolescents pour parler de la masculinité, des relations saines et du respect des limites d’autrui. Le programme permettra d’offrir un cadre sécuritaire pour les jeunes garçons afin qu’ils puissent exprimer leurs inquiétudes, leurs peurs et poser des questions qu’ils ne poseraient pas forcément à l’école où à la maison.

Néanmoins, Charlie-Rose Pelletier tient à souligner que « c’est un long processus. Ça ne va pas se faire du jour au lendemain ».

  • Nombre de fichiers 3
  • Date de création 16 mai, 2024
  • Dernière mise à jour 16 mai, 2024
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