Face à la crise climatique, l’art comme «antidote à l’angoisse»

Depuis Fiona, de plus en plus d’insulaires souffrent d’éco-anxiété, cette angoisse liée à l’anticipation des effets de la crise écologique. Plusieurs artistes de l’île s’emparent de cette angoisse pour créer. Ils sont convaincus que l’art peut initier un mouvement rassembleur autour de l’écologie.

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Marine Ernoult

IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne

 

 

«L’art permet de sortir les gens de l’angoisse climatique, d’aborder plus facilement et avec plus de légèreté des sujets tristes, estime l’artiste visuelle Lisa Theriault. Avec mes dessins, j’espère toujours mettre un peu de bonheur dans le désastre.»

«En abordant différemment la crise climatique, l’art permet de trouver des choses super belles dans les situations les plus éprouvantes», poursuit la potière Jessica Hutchinson.

Les deux artistes insulaires francophones restent profondément marquées par l’ouragan Fiona.

«Après la tempête, tous ces paysages bouleversés autour de ma maison ont réveillé en moi une forte angoisse», confie Lisa Theriault.

«J’étais tellement déprimée et frustrée devant tant de destruction», ajoute Jessica Hutchinson.

Se reconstruire en créant

Pour sortir de l’ornière de la fatalité et ne pas céder à la résignation, elles se sont emparées de cet événement traumatisant pour créer. Autrement dit, leur écoanxiété a nourri leur élan créatif.

À la suite de Fiona, Lisa Theriault a imaginé une série de dessins aujourd’hui exposés au Centre canadien sur les changements climatiques et l’adaptation de l’Université de l’Î.-P.-É., dans le cadre de l’expositionCalamity: A Torrent and a Trickle.

«Le premier dessin que j’ai fait, je n’avais même pas d’électricité, ça m’a permis d’assimiler ce qui était en train d’arriver, raconte la jeune femme. C’était comme un antidote à l’angoisse et à l’impuissance, une forme de médicament.»

Jessica Hutchinson a, elle, présenté plusieurs œuvres au Centre des arts de la Confédération de Charlottetown dans le cadre de l’exposition Destruction reformulée : l’ouragan Fiona, de près et en personne.

La potière a exposé des pièces réalisées à partir de débris que la tempête avait laissés derrière elle.

«L’anxiété est paralysante, elle empêche de réfléchir. L’art permet au contraire de prendre du recul, de comprendre nos émotions, ça aide dans le processus de reconstruction», analyse-t-elle.

Mouvement rassembleur

Au-delà de Fiona, la résilience de la nature et de l’environnement sont de grandes sources d’inspiration pour les deux artistes. Elles tentent de redécouvrir l’intimité qui les relie à l’environnement.

«Je pense souvent aux changements climatiques quand je dessine des mondes imaginaires, affirme Lisa Theriault. J’essaie d’imaginer un futur différent avec des solutions possibles pour changer le monde.»

Elles sont également persuadées que la culture peut initier un mouvement rassembleur autour de l’écologie.

«L’art aide à bouger les gens, les encourage à avoir des conversations qu’ils n’auraient pas eues autrement, assure Jessica Hutchinson. Au lieu de rester de leur côté, les gens se mettent à parler et à partager leurs inquiétudes.»

«L’art est une façon de créer des liens et de susciter la conversation entre les artistes, les scientifiques et le grand public», conclut Lisa Theriault.

 

 

 

 

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Photos

 

1 - Lisa Theriault dessine dans son atelier quelques jours après Fiona. (Photo : Gracieuseté)

  1. Lisa Theriault devant l’un de ses dessins exposés au Centre canadien sur les changements climatiques et l’adaptation de l’Université de l’Î.-P.-É. (Photo : Gracieuseté)

3- Jessica Hutchinson est potière. Son studio est situé à Oyster Bed Bridge. (Photo : Marine Ernoult)

 

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  • Date de création 1 mars, 2024
  • Dernière mise à jour 1 mars, 2024
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