L'avenir prometteur de la biotechnologie

Le domaine des biosciences est florissant à l’Île-du-Prince-Édouard. Une soixantaine d’entreprises d’envergure mondiale réalisent des centaines de millions de dollars de chiffres d’affaires chaque année. Pour répondre aux besoins du secteur, les établissements postsecondaires de la province ont créé des programmes de formation idoines.

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Marine Ernoult

IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne

 

 

Il y a moins de vingt ans, l’Île-du-Prince-Édouard (Î.-P.-É.) ne comptait que six entreprises de biotechnologie encore balbutiantes. Aujourd'hui, elles sont une soixantaine, emploient environ 2200 personnes et pèsent l’équivalent de 5% du produit intérieur brut (PIB) de la province[1]. Autrement dit, le secteur constitue la deuxième plus grosse industrie de l’île derrière l’agriculture.

«Nous avons aidé les entreprises à s’installer et à attirer des capitaux privés. Il s’agit d’un engagement constant et d’efforts concertés du secteur privé, des gouvernements et des partenaires universitaires», insiste Rory Francis, directeur général de Bio Alliance PEI, qui représente les industriels du secteur.

«Nous avons travaillé ensemble pour établir une stratégie commune visant à faire des biotechnologies l’un des piliers de l’économie insulaire», ajoute le responsable.

Michael Gibson, instructeur au sein du programme de technologie des biosciences du Collège Holland, souligne également la volonté politique des gouvernements provinciaux successifs de «diversifier l’économie insulaire».

Entreprise vendue plus d’un milliard

«Ce boom n’est pas dû au hasard. Les gouvernements ont voulu mettre fin à la dépendance de l’économie aux emplois saisonniers dans le tourisme et l’agriculture», analyse le professeur.

Depuis, le secteur n’a cessé de se développer. La majorité des compagnies présentes fabrique des produits pharmaceutiques en lien avec la santé humaine ou animale, exportés aux quatre coins de la planète.

BioVectra produit par exemple des vaccins à ARN messager (utilisés notamment contre la COVID-19) tandis qu’Elanco Animal Health conçoit des vaccins pour les poissons, parmi les plus rentables au monde.

Ces deux sociétés font partie des six entreprises de biotechnologie de la province qui réalisent des chiffres d’affaires dépassant les 50 millions de dollars par an.

«Elles ont atteint une taille telle qu'elles attirent de plus en plus l'attention au niveau national et international. Certaines ont été rachetées par des multinationales», affirme Rory Francis.

En 2019, une société internationale de capital-investissement a acheté BioVectra pour 250 millions de dollars (américains).

En février de cette année, c’est au tour d’Elanco Animal Health de vendre ses activités d'aquaculture à Merck Animal Health pour 1,3 milliard de dollars. Le groupe Merck est l’une des cinq plus grandes sociétés pharmaceutiques mondiales.

Entretenir le vivier de talents

«C’est une véritable opportunité pour la province, ça représente en quelque sorte un passage à l’âge adulte pour le secteur, assure Rory Francis. On peut dire qu’on fait vraiment partie de la communauté mondiale des biotechnologies.»

Pour combler les besoins de main-d’œuvre, les industriels ont également contribué à la mise sur pied de programmes d’études au Collège Holland et à l’Université de l’Î.-P.-É.

«Nous rencontrons l’industrie tous les ans pour nous assurer que nos programmes d’études répondent à leurs besoins, pour savoir quels changements ils aimeraient nous voir faire», détaille Michael Gibson du Collège Holland. Chaque année 22 étudiants intègrent sa formation en biotechnologie.

Bio Alliance PEI a aussi ouvert des centres de formation pratique à Charlottetown et Montréal. Un nouveau centre ouvrira bientôt ses portes en Colombie-Britannique. L’organisme a, par ailleurs, lancé un programme d’incubation de jeunes entreprises en région Atlantique.

«Nous voulons continuer à construire notre vivier de talents», observe Rory Francis. L’objectif du responsable est d'atteindre un chiffre d'affaires d'un milliard de dollars d'ici 2030.

 

 

 

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Photos

 

  1. Michael Gibson : Michael Gibson est instructeur au sein du programme de biosciences du Collège Holland. Gracieuseté
  2. Rory Francis : Rory Francis est directeur général de Bio Alliance PEI. Gracieuseté

 

[1] Dernières données disponibles de 2021

  • Nombre de fichiers 3
  • Date de création 24 février, 2024
  • Dernière mise à jour 24 février, 2024
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