La petite enfance francophone préoccupe les sénateurs
Dans la foulée du projet de loi C-35 concernant l’apprentissage et la garde des jeunes enfants au Canada, le Sénat canadien a récemment présenté un amendement relatif au financement à long terme des services à la petite enfance en français en milieu minoritaire. Un amendement auquel tiennent mordicus les intervenantes œuvrant auprès des petits bouts de chou francophones de Terre-Neuve-et-Labrador.
André Magny – IJL – Le Gaboteur - ATL
«Le projet de loi C-35 fournit des principes directeurs pour les investissements fédéraux visant à établir et à maintenir un système d’apprentissage et de garde des jeunes enfants (AGJE) accessible, abordable, inclusif et de haute qualité à l’échelle du Canada, en collaboration avec les provinces et les peuples autochtones.» Ce sont les premiers mots ou presque qu’on retrouve dans le projet de loi. On ne peut évidemment pas être contre la vertu.
Cependant, là où le bât blesse, c’est l’absence de toute référence aux services de garde en milieu minoritaire. C’est ce que déplorait dans un communiqué du 25 janvier dernier la Commission nationale des parents francophones (CNPF) ainsi que la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada et leurs membres, à l’occasion d’une campagne de lettres sur le système d’apprentissage et de garde des jeunes, qu’on retrouve sur le site www.sauvonsnosgarderies.com.
Une campagne totalement endossée par la Fédération des parents francophones de Terre-Neuve-et-Labrador (FPFTNL). Sa directrice générale, Martine Fillion remercie d’ailleurs les deux sénateurs, l’Acadien René Cormier et la Franco-Ontarienne Lucie Moncion, d’avoir sonné l’alarme auprès de leurs collègues du Sénat afin qu’ils ajoutent l’amendement concernant les «communautés de langue officielle en situation minoritaire» dans le projet de loi sur le financement des services de garde. Pour la directrice générale, il ne fait pas de doute que si l’ajout sur les communautés en situation minoritaire n'est pas inclus, le risque est trop grand. «Vous savez, on peut tomber avec les coupures, peu importe le gouvernement. C’est donc très important que la loi nous nomme.»
Selon madame Fillion, dont l’organisme rejoint environ un millier de parents dans la province, «l’assimilation est grande si un enfant ne va pas à la garderie francophone.» Un argument repris dans le communiqué conjoint par le directeur général de la CNPF, Jean-Luc Racine: «Ce n'est rien de moins que l'avenir du français au pays qui est en jeu» lorsque des parents francophones doivent placer leur enfant dans un service de garde en anglais.
Pour, Karina Lamontagne, directrice générale au Centre petite enfance et famille Les P’tits Cerfs-Volants, situé à St. John’s, il est très clair «qu’on appuie pleinement cette campagne.» Bien qu’elle considère que les relations avec le gouvernement provincial sont très bonnes - «j’en suis épatée» -, pour elle aussi, il est primordial «que ce soit écrit noir sur blanc» que le financement prévu par le fédéral aille aussi aux enfants en situation minoritaire.
Alors que les projets d’ouverture de nouvelles garderies francophones sont dans la mire de la coordonnatrice puisque des études montrent le besoin dans ce sens, Mme Lamontagne espère évidemment que les parents des 26 enfants fréquentant les P’tits Cerfs-Volants envoient aussi à leur député la lettre de la CNPF et de la FCFA leur signifiant de ne pas abandonner les familles francophones.
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Photo: Karina Lamontagne
Photo: Courtoisie du CPEF Les P'tits Cerfs-Volants
Caption: La directrice générale du CPEF Les P’tits Cerfs-Volants, Karina Lamontagne, trouve essentiel d’appuyer la campagne de lettres de la FCFA et de la CNPF et de les envoyer aux députés fédéraux.
Photo: Martine Fillion
Photo: Archives Le Gaboteur
Caption: «L’assimilation est grande si un enfant ne va pas à la garderie francophone», dit la directrice générale de la FPFTNL, Martine Fillion.
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- Date de création 23 février, 2024
- Dernière mise à jour 23 février, 2024