Le hockey, un job à plein-temps pour les parents
La pratique du hockey attire de nombreux jeunes Insulaires. En coulisse, les parents s’activent pour accompagner leurs enfants dans leur passion. Entre les nombreuses heures d’entraînement et les matchs aux quatre coins de la province, ils doivent jongler entre vie de famille et pratique sportive.
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Marine Ernoult
IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne
«J’ai toujours voulu être une maman de hockey», partage Colleen Richard. Alexa, sa fille de 12 ans, joue dans l’équipe mixte U13 d’Evangeline Flyers depuis septembre 2022.
Quand sa fille lui a fait part de son désir de faire du hockey, Colleen Richard l’a immédiatement encouragée : «Le côté social et l’esprit d’équipe sont très importants, ça lui apprend aussi la discipline et à être responsable.»
Aimée Arsenault a, elle, deux filles de onze et 13 ans qui jouent respectivement dans les équipes mixtes d’Evangeline Flyers U13 et U15. Armées de leur équipement, Macy et Mia filent sur la glace depuis trois ans maintenant.
«Je suis très fière d’elles, ça participe aussi à l’esprit de notre petite communauté», se félicite Aimée Arsenault. «Je les ai toujours encouragées à jouer, ça les tient éloignées des écrans.»
«C’est parfois difficile de tout concilier»
Les deux mères de famille passent des heures sur les routes et les gradins des patinoires pour soutenir leur progéniture.
Les jeunes hockeyeuses s’entraînent une heure par semaine après l’école et disputent un ou plusieurs matchs chaque fin de semaine. Aimée Arsenault compte au bas mot deux à trois heures de glace hebdomadaire.
«C’est très fatigant, car il y a toujours quelque chose, on fait beaucoup de voyages, spécialement quand on a deux enfants, tout s’additionne, raconte-t-elle. On ajuste nos emplois du temps pour faire en sorte que ça marche.»
Sandy Gallant, mère de deux jeunes hockeyeurs, court aussi les matchs et les entraînements. Elle doit constamment faire le grand écart entre son travail, les tâches quotidien et les arénas.
Jessie, son aîné de 12 ans, fait partie de l’équipe mixte U13 d’Evangeline Flyers tandis que Luke, son cadet de 9 ans, joue dans celle des U11 Western Warriors AA.
Évoluer en AA signifie avoir deux entraînements hebdomadaires, dont l’un à l’aube avant l’école. Avec les compétitions, le fils de Sandy Gallant passe au moins cinq heures par semaine sur la glace.
«On a une vie pas mal occupée, plaisante l’Acadienne. C’est parfois difficile de tout concilier, on doit inventer de nouvelles solutions tous les jours, ça demande beaucoup de planification.»
«Quand il y a une soirée ou une fin de semaine sans rien, on est content de pouvoir souffler un peu», ajoute-t-elle.
Déplacements hors de l’île
Les fratries de Sandy Gallant et d’Aimée Arsenault jouent rarement aux mêmes horaires dans la même aréna. Les Acadiennes et leur conjoint doivent souvent se séparer pour accompagner chaque enfant à son match.
«Avec mon chum, on est toujours quelque part d’autre, mais ce n’est pas pire, j’adore ça. Le hockey, c’est une passion familiale», assure Sandy Gallant.
Les couples peuvent néanmoins compter sur l’aide de leur famille, toujours prête à donner un coup de main. Un soutien d’autant plus important que les matchs de fin de semaine peuvent avoir lieu aux quatre coins de la province et commencer dès le vendredi.
Les récentes compétitions se sont déroulées à Summerside, North River, Borden-Carleton ou encore Charlottetown.
«Ça demande beaucoup de temps, mais ça ne me dérange pas, je suis toujours prête à faire ce que l’on a besoin», témoigne Colleen Richard.
Des tournois sont également organisés à l’extérieur de l’île. En janvier, l’équipe des U13 est allée à Moncton. Transport, nuits d’hôtels, les parents doivent prendre en charge l’ensemble des frais.
Solidarité entre parents
«On fait beaucoup de dépenses sur le chemin, l’essence, la nourriture, mais on sait que ça s’en vient dès l’automne, on a plein de temps pour planifier le budget», estime Aimée Arsenault.
«Ça demande beaucoup d’investissement en argent, mais ça vaut le coût. Il y a une vraie vie sociale qui se crée avec les autres parents, on devient amis», renchérit Colleen Richard.
Sandy Gallant insiste également sur ce côté humain : «On devient une famille de hockey et nos garçons se bâtissent des amis pour la vie pendant ces voyages.»
Depuis deux ans, Aimée Arsenault a décidé de s’investir davantage en devenant manageuse de l’équipe des U15. «Ce sont des responsabilités importantes, il faut être tout le temps disponible pour informer les autres parents sur les détails pratiques, relate-t-elle. Mais c’est une chance d’apprendre ce qui se passe en arrière-scène.»
Quel que soit leur degré d’implication, toutes les mères interrogées reconnaissent que la pratique du hockey repose en grande partie sur les épaules des parents.
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Photos
1- Aimée Arsenault et Tania Bernard sont parmi des mamans qui se nomment des Hockey Mom comme indique leur tuque. (Photo : Gracieuseté)
2- De gauche à droite, le père Joey Richard, Macy Richard, la grande sœur Madison Gallant, Mia Richard et la mère Aimée Arsenault. (Photo : Gracieuseté)
3- Colleen Richard a «toujours voulu être une maman de hockey». Sa fille Alexa (à l’arrière) joue dans l’équipe U13 d’Evangeline Flyers. (Photo : Gracieuseté)
4- Sandy Gallant et son fils Luke. (Photo : Gracieuseté)
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- Date de création 6 février, 2024
- Dernière mise à jour 6 février, 2024