Mon beau sapin, roi des clones
Une entreprise de l’Île-du-Prince-Édouard a participé à un projet de recherche d’une décennie pour créer et cloner le sapin de Noël parfait en forme conique, qui conserve ses aiguilles et sent la forêt. Les Insulaires devront encore attendre une décennie avant de l’avoir dans leur salon.
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Marine Ernoult
IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne
Le sapin de Noël de demain sera vert, symétrique, de port altier. Ses aiguilles résisteront à la chaleur, elles ne tomberont pas à la moindre bousculade. Il sera beau, et il y en aura pour tous les goûts.
Don Northcott, fondateur de l’entreprise de biotechnologie Phytocultures à Clyde River, s’en porte garant.
Avec des chercheurs de Nouvelle-Écosse, il a développé un nouveau sapin de Noël qui répondra aux besoins des producteurs et aux goûts des consommateurs, parfois à l’autre bout du monde. Les conifères produits dans les Maritimes sont en effet exportés en Amérique latine et jusqu’à Dubaï.
Cet arbre de Noël parfait, ou presque, s’appelle SMART, du nom de la technologie pour le développer.
Il aura «une jolie forme conique, une belle couleur bleu-vert, une croissance rapide, une bonne disposition des aiguilles, mais aussi une odeur agréable et des épines qui restent attachées plus longtemps», insiste Don Northcott.
Plus d’une décennie de recherche et plus de 8 millions de dollars ont été nécessaires pour parvenir à la création de ce sapin SMART. Les gouvernements provinciaux et fédéraux ont contribué au financement.
Les chercheurs ont déniché dans la forêt des conifères qui conservent mieux leurs aiguilles que les autres. Ils ont ensuite procédé à des croisements. Autrement dit, ils ont prélevé le pollen de ces arbres et l’ont placé sur les cônes d’autres arbres présentant des caractéristiques similaires.
«Machine à photocopier»
«Le défi a consisté à trouver les plus beaux arbres sauvages dans la forêt avec les bons gènes, les plus performants», détaille Don Northcott.
Les scientifiques ont par la suite recueilli des graines et les ont clonées grâce à l’«embryogenèse somatique». Cette technique a été développée dans les années 1980 pour reproduire à l’infini - et rapidement - des végétaux sans en passer par le croisement sexué.
Elle permet d’obtenir, à partir des cellules d’un jeune plant, ou même d’une graine, une multitude d’embryons génétiquement identiques : des germes de clones végétaux qui, de surcroît, peuvent être conservés au froid d’une saison à l’autre.
«C’est un peu comme s’ils avaient créé une machine à photocopier pour créer des centaines de milliers d’arbres identiques», explique Don Northcott.
Les auteurs du projet ont alors obtenu des clones de plusieurs centaines de graines de sapins, dont certains ont été mis en terre dans les champs de Phyto-cultures.
Don Northcott et son équipe ont ensuite sélectionné les meilleures lignées pour les reproduire à l’infini.
Phytocultures devrait produire 300 000 semis SMART dans ses serres en 2024. Ces plants seront mis à la disposition des producteurs de l’est du Canada en 2025.
Mais il faudra probablement attendre encore une dizaine d’années pour que le sapin ne se retrouve dans les foyers des consommateurs à Noël.
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Photos
Don Northcott est le fondateur de l’entreprise de biotechnologie Phytocultures à Clyde River.
Des centaines de sapins SMART poussent dans les champs de l’entreprise Phytocultures.
L’entreprise Phytocultures, à Clyde River, va produire 300 000 semis du sapin SMART en 2024.
- Nombre de fichiers 4
- Date de création 18 décembre, 2023
- Dernière mise à jour 18 décembre, 2023